True Detective

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(Nick Pizzolatto, 2014)

— cette critique ne porte que sur la saison 1 de la série —

True Detective est une série policière diffusée depuis le 12 Janvier 2014 sur la chaîne HBO (Game of Thrones, Boardwalk Empire) qui s’offre une nouvelle fois une série de très grande qualité.

Tout d’abord, il faut reconnaître que l’histoire ne brille pas par son originalité. En effet, il s’agit d’une enquête sur un tueur en série menée par un duo d’enquêteurs, Martin Hart (Woody Harrelson) et Rust Cohle (Matthew McConaughey) que tout semble opposer. Néanmoins , il semblerait que ce schéma classique soit toujours aussi efficace et l’on suit l’enquête avec attention et plaisir. On peut toutefois regretter une fin qui laisse encore beaucoup de questions en suspens.

Mais les véritables atouts de la série proviennent en premier lieu d’un autre duo, celui du scénariste Nic Pizzollatto et du réalisateur Cary Fukunaga. L’écriture et la réalisation sont parfaitement maîtrisées.

Les dialogues entre les deux inspecteurs forment le noyau dur de la série, la confrontation de deux visions du monde complètement différents est très intéressante. D’un côté, Rust Colhe, partisan du pessimisme, théorisé par le philosophe Arthur Schopenhauer (« I think human consciousness is a misstep in evolution… ») et de l’autre, Martin Hart, l’américain moyen, qui se veut bon chrétien et bon père de famille, mais qui est en réalité souvent violent et infidèle. Leurs conversations permettent par ailleurs de mettre en valeur le jeu de haute volée des deux acteurs, surtout celui de Matthew McConaughey, dont l’accent de la Louisiane profonde restera gravé dans les mémoires. Les deux acteurs ont été nominés plusieurs fois pour leurs performances dans cette série.

La réalisation est l’autre gros point positif, ce qui est assez rare pour être souligné, surtout pour une série télévisée. De manière générale, les épisodes d’une série ne sont pas réalisés par le même réalisateur à chaque fois. Mais ici, c’est Cary Fukunaga qui s’occupe de chaque épisode, ce qui permet de garder une certaine homogénéité dans la manière de filmer et donc faire des huit épisodes qui composent la série un ensemble cohérent, qui s’approche d’une qualité de réalisation qu’on pourrait retrouver pour un film. De plus, Cary Fukunaga est un réalisateur aguerri et il prouve sa véritable maîtrise technique à travers notamment le magnifique plan-séquence – d’une durée de 6 minutes !- à la fin de l’épisode 4.

La série s’offre également une bande son de bonne qualité, en utilisant massivement des chansons américaines typiques (The Black Angles, Bob Dylan ..) mais aussi des compositions originales qui parviennent à renforcer le côté poisseux, triste et malsain de la Louisiane. La chanson du générique Far from any road de The Handsome Family est une très bonne découverte également.

True detective est donc un immanquable de la télévision, sorte de mélange entre Twin Peaks de David Lynch et Seven de David Fincher, la série convainc par presque tous ses aspects et on pourrait presque la considérer comme une véritable oeuvre de cinéma.

Jean-Maxime FEUTRY