Under The Skin

Posted by in Films

(Jonathan Glazer, 2013)

Quand on lit le synopsis de Under the Skin, soit :  » Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître », la première chose à laquelle on pense c’est qu’on va avoir à faire à un film de science fiction de série B avec comme seul atout la plastique de Scarlett Johansson.

Mais c’est pourtant avec surprise que l’on découvre les premiers plans du film. Une voix féminine répète différents mots qui n’ont pas de sens entre eux, les images et la musique semblent tout droit sortis de la fin de 2001, L’Odyssée de l’espace. Déstabilisante mais agréable surprise.

On peut ensuite voir un homme à moto ramasser une jeune femme qui semble morte, au bord de la route. Le personnage de Scarlett Johansson apparaît alors pour prendre les vêtements de cette jeune femme et sa « chasse » peut alors commencer.

Le film mêle ensuite plusieurs sortes de scènes bien spécifiques. Celles, sans effets visuels particuliers, où l’on voit l’extraterrestre chercher ses proies, des scènes très réalistes, réalisme renforcé par le fait qu’aucun des acteurs ne soit connu; et les scènes où les hommes se font piéger par le personnage joué par Scarlett Johansson. Ces dernières ont une esthétique très particulière. Les personnages sont plongés dans le noir, on ne distingue rien de l’endroit où ils se trouvent, il n’y a aucun dialogue, et le piège dans lequel ces hommes tombent est représenté par un liquide noir qui les aspire.

C’est donc là, la véritable force du film : l’esthétisme choisi par le réalisateur qui crée une véritable angoisse et rend ces scènes particulièrement intéressantes.

Le film de manière générale est très beau, c’est là que réside sa grande force, mais peut être aussi son principal défaut. En effet, si on met de côté l’esthétique du film, il ne reste pas grand chose. La première partie du film se résume à l’unique phrase du synopsis, situation initiale qui peut-être d’ailleurs difficile à comprendre si on a pas lu ce dernier. Puis la seconde partie du film, dont l’élément déclencheur est beaucoup trop facile voire illogique, qui ne fait que reprendre une situation vue et revue de l’extraterrestre qui tente de se rapprocher de l’homme. Le scénario pêche donc par son manque d’innovation.

Le  film n’est donc pas un chef d’œuvre, mais il vaut véritablement le coup d’œil pour ses qualités esthétiques. De plus, les images sont sublimées par la bande originale très réussie (signée Mica Lev). Jonathan Glazer est un réalisateur à suivre.

Ps : Même s’il ne s’agit pas là du bête film de science fiction auquel on peut s’attendre, on peut tout de même y admirer la plastique de Scarlett Johansson !

Jean-Michel FEUTRY