Un Moment D’Égarement

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(Jean-François Richet, 2015)

Le réalisateur Jean-François Richet,  après le dyptique sur Mesrine et des films comme Assaut sur Central 13 ou Ma 6-T va crack-er (…. Ça donne envie hein !), s’attaque à une petite comédie, Un moment d’égarement, remake d’un film de Claude Berry sorti en 1977.

Le film raconte l’histoire de deux meilleurs amis quadragénaires qui partent ensemble en vacances en Corse avec leur fille respective (17 et 18 ans). L’une d’elle finit par s’enticher du meilleur ami de son papa et parvient à le séduire un soir. Si pour lui ce n’est qu’une simple erreur (un moment d’égarement 😉 😉 😉 ), pour elle, c’est un véritable amour naissant….

Le sujet du film est donc assez original. Si les cinémas français est rempli de » films de potes », celui-ci se démarque quelque peu en ajoutant cet amour inter-génération. Néanmoins le scénario ne brille pas par son intérêt. Le film se suit tranquillement mais sans jamais prendre complétement. Et la fin énigmatique ne vient pas arranger tout cela. On ressort du film un peu perplexe, notamment parce que le réalisateur n’a pas vraiment su choisir vers quoi il emmenait son film et a, tout le long du film le cul entre deux chaises. Parfois, on a l’impression que le film va partir dans un côté plus sombre, qui aurait pu être très intéressant par ailleurs. La mise en scène sert d’ailleurs ce propos, tant elle accentue certains effets dramatiques. Cependant, le film n’ose pas partir complétement là-dedans et reste une comédie en soit. Enfin presque, parce que ça n’est jamais vraiment drôle. Résultat, ce n’est pas assez dramatique pour transformer le film en … mais pas non plus assez drôle pour en faire une bonne comédie… Dommage.

Concernant le jeu des acteurs, c’est plutôt bon. Vincent Cassel est convaincant dans son rôle de séducteur malgré lui (sans être transcendant non plus). Pour les deux filles, c’est assez étrange. Au départ, on a l’impression qu’elles surjouent beaucoup, un utilisant 3 mots de « djeuns » en une seule phrase genre : « eh téma la photo facebook de Paul-Icham, il est trop cheum ! ». Et puis après finalement on se dit que ce n’est pas si éloigné de la vérité. Et une fois la phase d’introduction passée pour montrer qu’elles sont de vraies jeunes, leur jeu est plutôt bons, rien à redire. Par contre François Cluzet… c’est EXACTEMENT le même rôle que dans Les Petits Mouchoirs. Ils sont en vacances chez lui, du coup il est stressé TOUT LE TEMPS et en a après des bestioles qui s’attaquent à sa maison (ici des phacochères). Du coup son personnage est assez agaçant, Cluzet n’arrive ni à le rendre sympathique, ni intéressant.

Finalement, l’intérêt principal du film vient donc des deux actrices, parce qu’elles jouent bien… et parce qu’elles sont absolument magnifiques ! Lola Le Lann (belle allitération !), l’actrice jouant celle qui séduit Vincent Cassel, a par ailleurs déjà eu droit à 45 000 articles sur Allociné (peut-être aussi parce qu’on la voit nue dedans). L’autre est interprétée par Alice Isaaz, déjà vu dans La Crème de la crème. Voilà il fallait le faire remarquer.

Un film bancal donc, qui ne parvient pas à se définir, et qui s’oublie finalement assez vite.

Jean-Michel FEUTRY