Hannibal

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(Thomas Harris & Bryan Fuller, 2013)

Bon appétit/5

Dans ce nouvel article-série nous allons nous attaquer à une injustice, celle D’Hannibal, réalisée par Bryan Fuller, et arrêtée bien trop tôt.

Synopsis : La relation étrange entre le célèbre psychiatre Hannibal Lecter et l’un de ses patients, un jeune profiler du FBI nommé Will Graham, torturé par sa fascination dévorante pour les serial killers…

Pourquoi trop tôt ? Tout simplement car au bout de trois merveilleuses saisons, Entrée Plat Dessert, la série sanglante de NBC s’est arrêtée brutalement pour manque d’audience. Je me fais aujourd’hui l’avocat du diable, Hannibal, faisant partie sans aucun doute de mes séries préférées, se distinguait par sa qualité artistique visuelle et sonore, inspirée de l’art pictural de Jérôme Bosch sur fond de musique expérimentale.  Ce mélange détonnant offrait aux spectateurs fidèles un voyage sensoriel unique et dérangeant au côté du plus qu’attachant Will Graham et ses yeux de cocker sous skenan.

Ici, nous ne suivons pas directement les aventures d’Hannibal, diaboliquement interprété avec subtilité par le gigantesque Mads Mikkelsen que vous n’avez sans aucun doute pas découvert avec le fabuleux film de Nicolas Winding Refn, Valhalla Rising. Le spectateur suit en réalité Will Graham dans son chemin de croix contre la folie des hommes.  Il est très difficile de parler de cette œuvre atypique car cette dernière se distingue des autres « cop-shows » par le traitement de son intrigue. Hannibal est en réalité plus un voyage sensoriel et émotionnel psychologiquement perturbant qu’une série policière.

Ici ne vous attendez pas à de la violence suggérée en contrechamp, autant vous prévenir Hannibal n’est pas la série qu’on regarde en mangeant tranquillement sur le canapé. Voir se cher Docteur Lecter cuisiner ses victimes sur du Bach, ou revivre des crimes atroces avec ce pauvre Will Graham vous glacera le sang. Le génie de la série réside dans le traitement de ses personnages et de l’effacement de la frontière entre folie et réalité.

Si suivre les aventures des personnages offre un suspens à toute épreuve, c’est en partie dû à l’excellence de ses acteurs. Laurence Fishburne (Jack Crowford), Hugh Dancy (Will Graham), Caroline Dhavernas (Dr Alanna Bloom) et Mads Mikkelsen (Dr Lecter). Ces derniers incarnent avec brio une joute psychologique entre le bien et le mal, un combat dont les limites s’estompent au fil des saisons.  En effet l’évolution constante de la série, notamment dans son schéma narratif a sans doute déstabilisé les spectateurs, possiblement déjà épuisés par une esthétique quasi psychédélique.

Je n’ai qu’une chose à dire : tentez l’expérience ! Et si vous appréciez la série au moins autant que moi croisez les doigts car un maigre espoir réside encore dans la réalisation d’une saison 4, Hannibal ayant été pensé pour 5 saisons.

Et comme le dit si bien Anthony Hopkins dans The silence of the lambs :

«  I really wish we could chat longer, but I’m having an old friend for dinner. »

 

Victorien PANISSIE