Sin City : J’ai Tué Pour Elle

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(Franck Miller, 2014)

Note 8/10

 

 

Après la claque visuelle de Sin City en 2005, Robert Rodriguez et Franck Miller reviennent pour un deuxième opus qui s’annonce tout aussi palpitant. Je me souviens de mon engouement en voyant la bande-annonce de ce nouveau Sin City : musique rock, scènes trashs, acteurs de qualité et table de poker. Le cocktail était présent et se devait d’être aussi bon que celui de 2005.

« Sin City, on y entre les yeux grands ouverts ou on n’en ressort jamais ».

J’ai plongé dans la ville du péché les yeux écarquillés, et j’y ai vu de nombreuses pépites. Une  Jessica Alba plus sensuelle que jamais dans le rôle de Nancy, un Mickey Rourke qui distribue des mandales à tour de bras, un Bruce Willis dans le rôle du défunt John Hartigan… Le casting est grandiose et cela va de même pour les nouveaux venus comme Joseph Gordon-Levitt et surtout la française Eva Green qui font leur entrée dans ce second opus. On ferait tout pour cette française, cette femme fatale, tant son jeu est superbe et plein d’amour vénéneux.

L’histoire du film en elle-même reste classique par rapport au premier Sin City et nous rappelle Pulp Fiction et ses histoires décousues mais logiques. La première scène du film s’ouvre sur Marv (Micket Rourke) qui ne sait pas  où il se trouve. A ses pieds, des cadavres sanguinolents et une bagnole qui ne demande qu’à repartir. On est comme lui, on ne sait pas pourquoi on est là, mais ça fait du bien et on ne demande qu’à monter avec lui. Ainsi commence la virée de deux heures dans les ruelles crasseuses et corrompues de Sin City, entre joueur de poker prodige, mafieux sans scrupules, femme vénéneuse et bastons très violentes. Bonjour Sin City, tu nous avais manqué.

« Sin City est comme une femme ou un casino »

Sin City c’est aussi une bande son qui déchire, une ambiance incroyable et violente et des dialogues incisifs. Que ce soit Marv, Dwight, Ava, Nancy ou Johnny tous les personnages ont une personnalité propre et collent parfaitement à l’univers du film. Ils nous offrent d’excellentes scènes et savent aussi bien jouer de leur verve que de leur flingues (ou de leurs poings). Pourtant on ne trouve pas de « citation culte » comme c’était le cas dans le premier Sin City. Ici, l’accent est plutôt mis sur un état d’esprit général, et on ne peut qu’aimer les excellentes scènes de poker entre Johnny, petit nouveau plein d’audace et le Sénateur Roark, grand mafieux plein de vices.

Mais Sin City, ce sont aussi des images à couper le souffle qui étaient sans doute la plus grande réussite du premier opus. Même si là encore la recette reste classique – un noir et blanc de bande-dessinée avec quelques couleurs clés (le sang, la chevelure, la couleur des yeux ou des lèvres…), le spectacle est au rendez-vous et on ne peut pas se lasser d’observer cet univers qui nous prend aux tripes. Et surtout, la magnifique Eva Green nous offre des images sublimes et sensuelles au clair de lune. Ils tueraient pour cette mante religieuse, on tuerait pour continuer de la regarder.

« La folie me convient »

Pourtant, on peut se retrouver déçu par ce Sin City. Déçu des attentes qu’on avait, déçu de neuf années de maturation qui nous font croire que la perfection est possible. Peut-être est-elle possible cette perfection, mais pas pour tout le monde. Il faut entrer dans ce film comme on est entré dans le premier : curieux de découvrir un univers qu’on ne connait pas, passionnés d’une ville sale et intrigante, accrochés à la bande son et aux images. Il n’en faut pas plus. Car Sin City n’innove pas et réutilise une recette qui a fonctionné presque 10 plus tôt. Et cette recette fonctionne, soyez-en assurés. Mais si vous n’avez pas aimé le premier opus, passez votre chemin car celui-ci ne saura vous plaire. Pour entrer dans Sin City, il faut s’accommoder d’une certaine folie, d’un style non conventionnel très proche de la bande dessinée originale de Franck Miller, et de scènes trashs et parfois immorales à la sauce Rodriguez.

En résumé : Des scènes absolument géniales, des grands acteurs, une bande son puissante et une française au top, mais un film qui n’innove pas franchement par rapport au précédent et qui ne parvient pas à convaincre tout le monde. C’est une aventure coup de poing qui plaira aux amateurs de films noirs.

M. HAMON