Selma

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(Ava Duvernay, 2015)

Nous sommes en 1964. Le Civil Right Act a été voté l’année dernière grâce aux actions de Martin Luther King. Pourtant les noirs ont énormément de mal à s’inscrire sur les listes électorales, et donc du mal à faire entendre leur voix pour le progrès. Malgré tous ses efforts, Martin Luther King n’arrive pas à faire plier le Président Johnson. Le mécontentement commence à se faire entendre alors que la ségrégation et le racisme font toujours loi en Alabama, notamment à Selma où 50% de la population est noire mais reste dirigée par un groupe de blancs raciste. Les voix grondes, le sang coule. Martin Luther King organise alors une marche pacifique, réunissant toutes les couleurs et toutes les religions, entre la ville de Selma et Montgomery, marche qui va aboutir au Voting Right Act en 1965.

C’est un film indépendant à la fois émouvant et choquant. Nous oublions en effet souvent la violence du racisme qui sévissait à l’époque aux Etats Unis, et à quel point la lutte a été difficile pour obtenir certains droits. Ava DuVernay nous le rappelle dans Selma, à travers une ambiance de tension, toutefois apaisée par le calme et la volonté pacifique de Martin Luther King. Ce film nous offre une belle morale : nous n’obtenons jamais rien par la violence. Ava DuVernay n’est pas tombée dans le cliché de Martin Luther King tout puissant avec son “I have a dream”, mais a préféré relater une autre partie de l’histoire : ce qu’il se passe après, et montrer que malgré l’avancée juridique, les mentalités ont énormément de mal à changer vis-à-vis de la population noire américaine. Une problématique qui est toujours d’actualité, douloureusement rappelée en 2014 et en 2015 par les émeutes de Ferguson et de Baltimore.

Le film cumule de très bons points : La musique est très présente et appuie l’ambiance du vieux Sud américain, sur des airs de gospel, jazz et blues. Le fait historique est parfaitement respecté expliquant une période de l’histoire américaine plutôt méconnue, ou du moins atténuée en France.

Il y a malgré tout deux, trois petits bémol (mais ça, c’est parce qu’on est tatillons !) : il est dommage d’avoir mis très peu d’images d’époques dans un film historique aussi précis sur les faits. Il y a parfois quelques longueurs dans la réalisation.

Maud LEPETIT