Saint Laurent

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(Bertrand Bonello, 2014)

2014 est définitivement l’année du créateur YSL si on en croit le cinéma. Avec le film  Yves Saint Laurent  de Jalil Lespert sortir en Janvier de cette année,  Saint Laurent  de Bertrand Bonello est le ;deuxième film consacré au créateur.
Pour se différencier le réalisateur a sans cesse insisté sur le fait que son film ne se consacrait qu’à une décennie de la vie du créateur et qu’il montrait un coté moins connu et plus sombre d’ Yves Saint Laurent.
Il est difficile de voir et critiquer ce film sans le comparer à celui de Lespert mais je vais quand même m’efforcer de ne faire la critique que de ce film.

On entre directement dans le film avec un Yves Saint Laurent meurtri, seul et quelque peu au bout du rouleau puis on est transporté dans l’envers du décor des créations de l’artiste car oui dans ce film Yves Saint Laurent devient réellement un artiste, un peintre même si lui se considère comme peintre raté. Découvrir les petites mains, les couturières derrière la création des pièces de collection est vraiment très intéressant on se sent presque parmi elles : admirant le créateur, le craignant, l’idéalisant tout à la fois mais surtout ne le comprenant pas. Certaines scènes avec les vêtements sont sublimes. L’apparition des silhouettes de collections descendant les escaliers en parallèle de l’actualité de l’époque (Mai 68, guerre du Vietnam etc.) nous font comprendre à quel point Yves Saint Laurent était novateur, actuel et qu’il comprenait en quelque sorte sa génération. Une autre scène dans laquelle il parvient à transformer une quadra coincée un peu gauche dans un tailleur masculin en une femme sûre d’elle et branchée est magique. Le réalisateur arrive même à détendre un peu l’atmosphère lourde de certains passages notamment avec le chien. Certaines scènes en boite sont très bien réalisées et montées. L’avantage du film est qu’on entre vraiment dans la vie d’ Yves Saint Laurent, comme il travaille, les pensées qui le torturent, la drogue, le sexe, les médicaments, ses obsessions, ses hallucinations…

Les plus gros points faibles du film sont, je pense, les longueurs et le côté un peu voyeur de certaines scènes. En effet certaines scènes n’étaient vraiment pas nécessaires pour la compréhension du personnage.
Des longueurs, des longueurs et des longueurs. Le film dure plus de 2h30 et malheureusement je trouve qu’on le ressent énormément surtout à la fin. Certaines scènes sont, à mon sens, totalement inutiles. Le réalisateur a peut être eu du mal à choisir ses séquences et a voulu en rajouter mais je trouve que le film en pâti énormément. Des spectateurs ont même quitté la salle avant la fin. Chose que je n’avais pas vue depuis The tree of life et L’étrange histoire de Benjamin Button . Des séquences sont incroyablement longues et lentes et n’apportent pas grand chose au film. Yves Saint Laurent tient énormément à sa collection de camés mais a-t-on besoin et envie de le voir remettre bien en place les présentoirs plusieurs fois dans des scènes extrêmement lentes ? Je ne crois pas.

Enfin le réalisateur ne respecte pas son pari de rester dans une décennie de la vie du créateur. On le voit vieux en 1989 si je ne me trompe et là non seulement les scènes sont extrêmement longues, biens qu’entrecoupées par des scènes très bien montées et filmées du défilé de 1976, et Yves Saint Laurent apparaît insupportable.

Je soulignerai quand même la performance des acteurs. Gaspard Ulliel joue très bien et nous livre un jeu fin et juste. Il est vraiment dur de le comparer à Pierre Niney qui jouait également très bien. Il en est de même pour Jeremy Renier et Léa Seydoux ainsi que Amira Casar, Louis Garrel et Aymeline Valade.

Pour conclure des bons acteurs, de bonnes idées mais beaucoup trop de longueurs.

J. DUMONT