Sagan

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(Diane Kurys, 2008)

Cela arrive parfois avec des films que l’on a très envie de voir, des biopics de personnages à qui l’on voue une admiration sans borne : la déception d’avoir été déçu.

J’aurais vraiment voulu aimer ce film autant que j’aime Françoise Sagan, son sourire si triste, son esprit si libre et son écriture si douce. Malheureusement, sans être foncièrement mauvais, le film de Diane Kurys n’en est pas véritablement bon pour autant.

Il est vrai que la ressemblance physique entre Sylvie Testud et ce « charmant petit monstre » de la littérature est frappante – tout particulièrement dans les vieux jours. Et la diction quelque peu caricaturale dont use l’actrice pour retranscrire l’élocution de Sagan finit même, non sans difficulté, par convaincre.

Mais si au-delà de l’actrice principale s’ajoutent au casting quelques petites perles de justesse (Denis Podalydès, Lionel Abelanski ou Pierre Palmade pour ne citer qu’eux) on retrouve aussi de très grosses interrogations (Guillaume Gallienne et Arielle Dombasle notamment : pourquoi ?).

Le film se consacre particulièrement à la vie sentimentale de Sagan (ses amours avec Guy Schoeller, Robert Westhoff, Paola Saint-Just, Peggy Roche etc.) et à ses relations avec quelques uns de ses amis dont on ne sait comment ils ont été sélectionnés par la réalisatrice (aucune trace de Mitterand, Jean-Paul Sartre, ou Juliette Gréco par exemple).

Ses engagements (ancrés à gauche) et sa vie littéraire sont, sinon rapidement évoqués, plutôt absents du scénario – et peut-être cela constitue-t-il la plus grande faiblesse du film.

Mais après tout, comment appréhender toute entière la personnalité si sibylline de Sagan ?

A défaut d’en brosser un portrait exhaustif, Diane Kurys expose avec pudeur les sentiments si fortement contradictoires de cette écrivaine talentueuse, à qui la peur démesurée de la solitude aura inspiré quelques uns des plus jolis romans de la littérature française.

Tahani SAMIRI