Rushmore

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(Wes Anderson, 1999)

Max Fischer est un petit génie dans son genre : maladroit, peu scolaire, mais terriblement créatif et impliqué, il collectionne les activités. Dans son prestigieux établissement, l’école Rushmore, il fait la connaissance d’Hermann Blume, industriel mélancolique avec qui il se liera d’amitié, et d’une jeune et charmante institutrice, Rosemary Cross, dont il tombera amoureux.

Rushmore est le deuxième film de Wes Anderson (co-écrit avec Owen Wilson) et on y retrouve déjà nombre de ses éléments fétiches : qu’il s’agisse du casting (Bill Murray, Jason Schwartzman, les frères Wilson…), de ses objets favoris (livres, lettres calligraphiées, petites collections…) ou de la trame sonore entremêlant mélodies folks et chanson française.

Les personnages sont comme toujours interprétés de manière décalée, sensible et touchante ; et si leur attitude tend parfois vers une puérilité charmante, c’est avant tout la mise en scène espiègle et délicate qui nous replonge en enfance, avec ses sentiments si innocents et absolus.

Du désordre naît la beauté et du tourment la tendresse, dans cette œuvre à la fois facétieuse et poétique, à mille lieux d’un pragmatisme moribond. Et la tristesse ne dure jamais très longtemps quand ceux qu’on aime la dissipent d’un revers assuré de la main.

Sans présenter encore l’exubérance discrète des costumes et des décors des films qui suivront, Rushmore fait déjà l’impression d’un petit cabinet de curiosités, au sein duquel les spectateurs sont autorisés à se réfugier 90 minutes pour y admirer, délicieusement bien rangés, les merveilles les plus douces comme les plus saugrenues.

Wes Anderson, chercheur d’or et de grâce du cinéma américain, dévoile avec ce film une première petite pépite : un peu rugueuse, un peu légère, assurément brillante et précieuse.

Tahani SAMIRI