(Woody Allen, 2015)

Cette semaine sortait le dernier Woody Allen, énième œuvre d’un réalisateur qui chaque année produit un film. Petit résumé : Abe Lucas, professeur de philosophie à l’université désabusé qui a perdu toute joie de vivre (interprété par un bedonnant Joaquin Phoenix), débarque dans une petite ville des Etats-Unis. A peine est-il arrivé qu’il entame deux relations amoureuses avec une collègue et une étudiante (interprétée par la nouvelle muse de Woody Allen, Emma Stone). Après avoir surpris la conversation d’une étrangère Il décide de commettre un meurtre parfait, la cible étant un vrai salaud, considérant que cet acte lui redonnerait une « force créatrice ». Sa vie reprend sens, il est de nouveau heureux, mais pourra-t-il continuer son existence comme si de rien n’était ?

 

Sur ce film, Woody Allen manie plusieurs genres en même temps. La comédie, le film noir, le thriller s’entremêlent. On y retrouve son ironie, mordante, sa dérision des codes d’une certaine bourgeoisie. Le film réussit dans l’originalité de son sujet : le crime peut-il redonner force et joie à celui qui le commet ? Il doit également beaucoup au duo Stone-Phoenix, ce dernier jouant l’alcoolique dépressif notoire d’un naturel déconcertant. Allen parvient à trouver le ton juste pour chaque scène, par ce mélange des genres.

 

Un Woody Allen qui séduira ses inconditionnels, mais pour les autres vous resterez probablement sur votre faim. La faute à un dénouement un peu plat, une morale banale, et des dialogues d’une qualité inégale. L’Homme Irrationnel souffre aussi de la comparaison d’un autre film ayant pour thème le meurtre, l’une des œuvres majeures du réalisateur new-yorkais : Match Point.

 

Bref, un Woody Allen pas mal, mais qui restera anecdotique, pour un réalisateur qui a donné au cinéma de purs chefs d’œuvres.

Mathieu ROUX

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