(John Hillcoat, 2009)

Crépuscule/5

 

Avec Viggo Mortensen, Charlize Theron et Kodi Smit-McPhee

 

 

Vous adorez le genre post-apocalyptique, Mad Max Fury Road, le burlesque et les guitares-lance flammes ? Cet article ne parle absolument pas de ça.

 

Durant cette fin de weekend fortement imprégnée du blues dominical une envie de m’auto-flageller m’a poussé à redécouvrir l’adaptation cinématographique du chef-d’œuvre littéraire de Cormac McCarthy, The Road ( prix Pulitzer de la Fiction en 2007).

 

L’histoire est des plus simple, un homme et son jeune fils, dont nous ignorons les noms, marchent dans un monde froid et gris où la vie a disparue sans que nous sachions pourquoi. La quête d’un eldorado, loin de l’horreur et de la folie.

 

Je vous mets en garde le film possède un rythme bien particulier, surtout dans le paysage du genre post-apocalyptique. La Route est avant tout un film contemplatif lancinant, porté par des acteurs au sommet de leur art et mis en scène avec une grande subtilité. Le spectateur est respecté, les détails sont nombreux et vous devez ouvrir grand vos yeux afin de tirer toute la sève de cette épopée.

 

Le génie du livre, tout comme du film, réside dans son minimalisme et son ton monochrome, donnant à cette odyssée humaine un aspect monolithique glaçant. John Hillcoat a su effacer suffisamment sa présence pour nous offrir une adaptation fidèle de l’œuvre, mais quelque peu décevante de par sa démarche d’avoir voulu lisser, voire de mettre sous-silence certains passages du roman. Une critique proche du pinaillage, les passages manquants en question étant particulièrement violents, impossibles à placer sous les yeux du spectateur.

 

La Route est un voyage émotionnel où l’Humanité est dépeinte avec froideur et réalisme à travers de rares personnages. Chaque rencontre est un choc, un portrait parfois effrayant, parfois subtile et bouleversant. A la fin du film résonne l’écho de nos peurs, celle de se retrouver seul ou de laisser nos semblables derrière nous, résonne plus fort encore l’écho d’un amour filial imprégné d’espoir.

Victorien PANISSIÉ

 

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