(Éric Lartigau, 2014)

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Après les sulfureuses aventures des Infidèles , Eric Lartigau revient cette fois-ci avec une comédie dramatique française déjà annoncée par certains comme l’  Intouchables  de 2014.

 

En résumé, La Famille Bélier nous invite dans la vie de Paula, une jeune collégienne, unique entendante d’une famille de sourds. Entre vie d’adolescente, travail au marché et à la ferme en famille, et gestion de toute cette petite entreprise, Paula a un emploi du temps de ministre. Auquel va se rajouter son option chorale et la campagne municipale de son père. Elle se découvre alors un don pour le chant, attirant l’attention de son professeur aigri et blasé par une classe sans talent. Il lui propose alors de passer le prestigieux concours de Radio France pour intégrer une école de musique parisienne. Aura-t-elle le courage de quitter ses parents complètement dépendants d’elle, et de tenter sa chance loin de sa campagne natale ?

 

Ce qui nous frappe tout d’abord dans le film c’est le point de vue qu’a adopté Eric Lartigau face au handicap, il cumule les situations cocasses, qui déclenchent des éclats de rire dans la salle de cinéma. François Damiens arrive même à nous faire rire sans l’accent belge qu’on lui connaît si bien. De même pour Eric Elmosnino, dans le rôle du professeur de musique dans un collège de campagne, déçu que son talent ne soit pas utilisé à bon escient, un bel ersatz de Severus Rogue d’Harry Potter au début du film.
Une des scènes nous décoiffe : l’espace d’une minute, nous vivons le spectacle de la chorale dans la peau d’un sourd, incapable d’entendre les voix de Louane et Gabriel sur « Je vais t’aimer ». Les frissons sont au rendez-vous, en voyant l’émotion se lire sur les visages des autres spectateurs entendants. Chapeau Lartigau.

 

Néanmoins on sent quand même de temps à autre une certaine lenteur, un flottement dans la succession des scènes. Le personnage de Paula dans l’histoire à quinze ans, alors que Louane est une jeune femme de 18 ans, difficile de ne pas s’en rendre compte. Un petit regret aussi pour la bande annonce qui a spoilé les moments les plus drôles et plus émouvants du film, sauf la dernière scène. Le réalisateur aurait du garder les pépites pour le film et non pas la bande annonce.

 

La bande originale pourrait nous paraître démodée, comme c’est le cas pour les membres de la chorale dans le film, mais c’est l’inverse, apprécier un film avec du Michel Sardou de A à Z en fond, c’est possible, en passant par  La Java de Broadway En chantant , et finissant en apothéose sur Je vole .

 

Je vole, c’est un bon résumé de l’histoire, puisque c’est avant tout celle d’un jeune oisillon qui veut quitter le nid, quitter ses proches et l’environnement qu’il connaît par cœur, pour aller vers d’autres horizons, à l’aventure. C’est donc l’histoire de tout un chacun, d’où peut être le succès de ce film depuis sa sortie.

 

Ainsi ce qu’on retient de ce film c’est ce sentiment de déjà vu qui vous prend aux tripes, de ce moment où pour la première fois on dit au revoir à ses parents et qu’on regarde derrière la vitre de la voiture s’éloigner la silhouette du foyer qu’on quitte. Les émotifs devront donc s’armer de leurs Kleenex, les larmes seront au rendez-vous.

 

En conclusion, La Famille Bélier est une comédie dramatique comme on les aime, on rit, on pleure, on frissonne, et on tombe amoureux tout simplement de ce film assourdissant.

Dan NARAYANIN

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