(Paul Thomas Anderson, 2015)

Un nouveau film de Paul Thomas Anderson, auteur des films comme Boogie Nights, plongée dans le business de la pornographie dans les années 70-80 en Californie, Magnolia film chorale de 3h, avec notamment Tom Cruise en génial gourou du sexe ou encore There will be blood, ça donne forcément envie. Avec en plus une bande annonce particulièrement attrayante, il y avait de quoi être impatient de voir Inherent Vice.

 

Le film nous montre la virée complétement hallucinée du détective privé Doc Sportello, enquêtant sur la disparition du son ex-femme et d’un magnat de l’immobilier avec qui elle entretenait une relation amoureuse. Son enquête sera perturbé par le flic patibulaire Big Foot Bjornsen, qui se rêve acteur, par des agents du FBI, par un groupe de motards nazis mais aussi par la présence d’un ex drogué devenu informateur pour la police. Néanmoins il pourra compter sur l’aide son ami avocat Sauncho Smilax et sa nouvelle petite amie et accessoirement procureur, Penny. Oui, ça fait beaucoup de personnages et par conséquent, beaucoup de petites intrigues qui se développent en parallèle.

 

Malheureusement, le film très prometteur perd aussi très vite son spectateur. Il est difficile de suivre toutes ses intrigues. Le film a recourt a de très (trop) nombreuses scènes où seul deux personnages se font face et discutent, longuement, en expliquant les différentes ficelles du scénario. Ces dialogues trainent en longueur, les différents noms de protagonistes s’enchainent sans qu’on comprenne qui ils sont et quel est leur rôle dans l’intrigue. Et le film durant 2h30, l’ennui finit par pointer le bout de son nez. De plus, lorsque le film se finit, cela ne fait ni chaud ni froid, puisque les enjeux du scénario n’étaient pas clairement établis. Le personnage principal est presque en permanence sous l’effet de la drogue, et l’atmosphère du film le fait clairement ressentir, peut-être un peu trop, puisque tout parait fumeux et imprécis.

 

Et c’est réellement dommage, car le film possède une multitude d’autres qualités qui auraient pu en faire un vrai bijou. Tout d’abord, les acteurs sont parfaits dans leur rôle. C’est un défilé de stars, Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro, Reese Witherspoon… et ils sont tous très bons dans leur rôle. L’ambiance est très réussie, notamment grâce à la bande son, avec des titres bien connues comme Wonderful World de Sam Cooke (big up Ilan Phillips). On retrouve également le talent de metteur en scène de Paul Thomas Anderson, le film est très beau, et nous offre des plans intéressants. Autre gros point positif du film : son humour. Les réactions et scènes surréalistes s’enchainent et sont particulièrement drôles. On n’éclate certes jamais de rire, mais les instants comiques sont habilement distillés tout au long du film.

 

Difficile donc de ressortir entièrement convaincu de ce film, les qualités sont bien présentes, mais le scénario trop compliqué et imprécis ne permet pas au spectateur de rentrer entièrement dans le film. Le personnage de Benicio del Toro symbolise le problème majeur du film : il ne fait que quelques brèves apparitions, et il ne sert qu’à apporter des informations au personnage principal, mais il y en a trop, trop de noms, le résultat est confus, tout comme le film.

Jean-Michel FEUTRY

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