(Morten Tyldum, 2014)

 

 

Comment ne pas se laisser transporter par l’histoire que nous offre le film the Imitation Game ? Ce film, réalisé par Morten Tyldum, sorti en 2014, est un film biographique américano-britannique retraçant la vie du célèbre mathématicien et cryptanalyste britannique Alan Turing (interprété par Benedict Cumberbatch) au moment de la Seconde Guerre Mondiale. Alors que l’armée allemande fait l’usage d’une machine nommée « Enigma » dans le but de pouvoir transmettre des messages cryptés, Alan Turing et quelques uns des meilleurs cryptographes britanniques vont tout faire pour décoder ces messages. Après avoir pris la tête de la petite équipe, Alan Turing embauche une dénommée Joan Clarck (jouée par l’éblouissante Keira Knigthley) qui va l’aider à sympathiser avec ses collègues mais aussi à construire une machine censée « casser » Enigma.

Au fur et à mesure du film on se rend compte de l’être torturé que pouvait être Alan Turing. Le tableau de ce dernier dépeint par Morten Tyldum est celui d’un être solitaire, avec de réelles difficultés sociales faisant parfois preuve d’un comportement qui s’apparente à de l’autisme. Le film illustre avec brio sa lutte incessante contre ses démons intérieurs, notamment ceux de son passé tourmenté par la mort de son premier amour. Cependant, lorsque l’on creuse un peu plus profondément dans la réelle histoire d’Alan Turing on se rend vite compte que sa personnalité était tout le contraire. Le seul point négatif du film réside dans ce genre de détails, dans l’exagération ou la pure création de certains passages de la vie de notre personnage, comme par exemple le prétendu mystère qui pesait sur la sexualité d’Alan Turing dans le film, alors que celui-ci assumait son orientation sexuelle au grand jour. La mémoire d’Alan Turing en est quelque peu entachée, on peut cependant comprendre que le réalisateur ait voulu rendre l’histoire de ce cher Turing un peu plus commercialisable, un peu plus tragique pour émouvoir le public.

Toutefois, il ne faut absolument pas remettre en cause la beauté de ce film. Benedict Cumberbatch dans son rôle d’Alan Turing est tout bonnement époustouflant, sans en faire trop il réussit à nous faire voyager dans le temps lors de la création de la célèbre machine de Turing, il a notamment été nominé pour l’Oscar du meilleur acteur pour ce rôle. Keira Knightley tient extrêmement bien le second rôle de ce film, une femme brillante, bien plus que la plupart des hommes, qui va devenir davantage qu’un simple soutien pour Alan Turing. De plus, le reste du casting ne manque pas non plus de brio, on pense notamment à Mark Strong dans son rôle de Stewart Menzies, chef du MI6 (les services secrets britanniques) qui supervise les opérations.

Tant les acteurs que les différents costumes et décors (certaines scènes ont été tournées dans les lieux où le vrai Alan Turing travaillait, comme son ancienne école ou alors le véritable Bletchley Park, principal site de décryptage du Royaume-Uni) font de The Imitation Game un film qui nous captive du début à la fin.

Nina Marthe-Rose

 

 

Note : 7,5/10

 

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu un biopic vraiment intéressant. La mode des biopics nous ayant laissé un nombre important de films dont on peut se demander l’intérêt. Ici, nous découvrons totalement la vie d’une personne extraordinaire que les circonstances ont obligé à s’effacer de l’Histoire.

Pour rappel, il s’agit d’un biopic sur la vie d’Alan Turing, mathématicien au caractère assez hors-norme voir associal. Il s’engage dans l’armée anglaise afin d’aider au déchiffrage du fameux système de cryptage : Enigma. Ce système fut utilisé pour transformer les messages radios allemands. On va principalement suivre la manière dont Turing et son équipe vont chercher à briser ce code en survolant durant tout le film une part de son enfance et également l’après-guerre pour Turing.

Les messages du film sont assez multiples. D’une part, le film nous montre la guerre du côté des personnes participant à l’arrière. D’autre part, le film se focalise non pas tellement sur l’intelligence de Turing (notamment ces travaux sur l’intelligence artificielle et ses études sur la morphogénèse) mais sur son développement psychologique durant le conflit.

Les acteurs sont tous convaincants. Certes, Benedict Cumberbatch nous refait du Sherlock dans le style personnage surdoué ayant des problèmes de sociabilité. Pour autant le jeu a été adapté de façon intéressante. Je ne sais si cela est conforme à la réalité mais personnellement, malgré tout j’y crois. Keira Knightley joue juste. Il n’y a rien de plus à rajouter car ceci est normal pour elle (Même dans le plus discutable des Pirate des Caraïbes).

La mise en scène est très classique. Il n’y a pas de trouvaille de mise en scène. Le film est une production très académique qui a pour but de plaire aux critiques américains. Pour autant, le film en devient donc à mon sens très efficace et dépouillé.

Si je devais vraiment ajouter quelques reproches, il y en aurait deux. Premièrement, il manque effectivement des explications sur le fonctionnement même de la machine de Turing mais à mon avis ce n’est justement pas le centre du film. La subtilité du message du film se perd à la dernière scène avec l’utilisation de panneaux de texte d’une part. D’autre part, l’affirmation sur le plan des conséquences sur le conflit est un peu courte. C’est tout et cela ne nuit pas à la qualité du film.

En conclusion, un bon film effectivement classique. Mais il ravira tous ceux qui aiment les petites histoires humaines qui ont une influence sur la Grande Histoire en toile de fond.

C. LANDRIEUX

 

 

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