Le cinéma d’horreur, genre à part entière, a connu toutes sortes de films, de la bouse intersidérale au chef-d’œuvre incontesté. Mais ce genre peut être lui même divisé en plusieurs catégories. A vous de choisir laquelle vous correspond, voici une petite sélection pour passer une bonne soirée d’Halloween…


LE SLASHER

On commence par un classique américain qui tourne avec une bonne recette: prenez quelques teenagers écervelés, avec de préférence le beau gosse capitaine de l’équipe de football américain un peu con, sa copine, une cheerleader un peu conne aussi, un geek, d’autres potes, et l’héroïne, plutôt jolie aussi, mais un peu plus intelligente (quoiqu’elle décide souvent d’aller à la cave ou au grenier au pire moment). Ajoutez à cela un tueur en série (de préférence avec un masque bien stylé qui deviendra culte par la suite), des meurtres consécutifs… et vous avez un bon slasher.

La Nuit des Masques (John Carpenter, 1978)
On commence par le classique, portant le nom de la fête de l’horreur (yes en anglais il s’appelle juste Halloween, pas con). Tous les éléments précédemment cités sont là avec le tueur qui sévit dans une bourgade américaine… Et en plus c’est bien (quoiqu’un peu kitsch). Réalisé par John Carpenter, maitre de l’horreur, qui compose également la musique, culte elle aussi… Le remake par Rob Zombie est également de très bonne facture, et un peu plus prenant, car plus récent.

Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974)
Là aussi, on retrouve le groupe de teenagers, mais le réalisateur ajoute une bonne grosse dose de malsain qui permet de distinguer le film de ses homologues. Pour vous dire, le tueur se fabrique son masque à partir de la peau du visage de ses précédentes victimes… C’est sale, c’est old school, c’est traumatisant. Un classique lui aussi, qui aura droit également à son remake, qui vaut le coup d’œil également.

Haute Tension (Alexandre Aja, 2003)
On termine avec un peu de nationalisme : oui parfois les français font des films d’horreur sympathiques. Réalisé par Alexandre Aja, qui s’est américanisé il y a peu, le film reprend les codes principaux du slasher avec un tueur impitoyable que rien n’arrête.


LE GORE

Bon ici on s’attaque à du dégueulasse, du sang et des boyaux. Dans ce genre, les réalisateurs ont décidé de repousser les limites du respectable, le but étant de dégoûter les spectateurs. L’hémoglobine coule à flots, on découvre des organes méconnus du corps humain et les membres s’envolent… À vous de voir si ça vous intéresse, la dégoût prenant le pas sur la peur.

 

Hostel (Eli Roth, 2006)
Deux jeunes en voyage à Amsterdam se retrouvent enfermés par des tortionnaires particulièrement perchés. Bon voilà, pas grand chose à dire sur ce film, vous verrez des gens se faire torturer, des choses dégueulasses… À déconseiller à toutes les personnes ayant prévu de faire un Interrail.

Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980)
Alors là on attaque quelque chose… Ce film n’est franchement pas très bon, mais il vaut le coup… Pourquoi ? Parce qu’il est devenu culte grâce à un scandale : en effet le réalisateur fut obligé de prouver que ses acteurs étaient encore en vie, tant les scènes étaient réalistes. On suit ici un groupe de tournage, venu faire un reportage sur les tribus cannibales des îles ???? En plus des scènes de mises à mort humaines (factices), on a aussi droit à la mort de quelques animaux (notamment une scène éprouvante avec une tortue) qui, elles, sont réelles. Il faut donc avoir le cœur bien accroché… Reste la bande son magnifique de Riz Ortolani, très très réussie.
Evil Dead (Sam Raimi, 1983)
Étrange film qu’Evil Dead… Réalisé par Sam Raimi (trilogie Spider Man), le film est une sorte de détournement des films d’horreur, tant les réactions des personnages sont poussées à l’excès, bien qu’il se permette tout de même quelques scènes bien hardcore, où l’on hésite entre le rire et l’horreur. Film culte également, qui aura donné naissance à quelques suites, encore plus déjantées.

L’EPOUVANTE

Peut-être le genre le plus noble du cinéma d’horreur ? Ici on parle de la peur comme angoisse : les poils qui se hérissent sur le corps, le mal-être profond face à l’inquiétante étrangeté. Ce cinéma fait souvent appel au fantastique et c’est ici que l’on retrouve les histoires de fantômes, poltergeist et autres revenants.

 

Shining (Stanley Kubrick, 1980)
Un papa gentil, gardien d’un hôtel somptueux mais quelque peu hanté, sombre peu à peu dans la folie… Adaptation du maitre de l’horreur Stephen King, par le maitre du cinéma Stanley Kubrick, le film est un chef d’oeuvre. Kubrick s’approprie l’histoire pour sans scrupule pour le roman (ce qui a fortement déplu à l’auteur) et sa maitrise est totale. Le film est angoissant, l’atmosphère inquiétante de l’hôtel imprègne tout le film. À noter le premier usage de la steadycam, pour les plans suivants Danny dans les couloirs de l’Overlook – outil devenu indispensable de nos jours.

Ring (Hideo Nakata, 1998)
On quitte un peu le territoire américain pour une nation où le cinéma d’épouvante tient une place primordiale : le Japon. Notre choix se porte sur Ring, petit bijou de l’angoisse. L’histoire: une légende urbaine raconte qu’une cassette maudite condamne tous ceux qui la regardent à la mort au bout de 7 jours. Une journaliste décide d’enquêter sur cet inquiétant phénomène. Le film possède quelques longueurs mais on vous assure que vous ne dormirez pas sereins après l’avoir vu… Le contenu de la cassette maudite et la dernière scène du film en ont traumatisé plus d’un…

Les Autres (Alejandro Amenabar, 2001)
Après un détour par le Japon, place maintenant au cinéma espagnol, qui a sorti quelques pépites également. Parmi elles, Les Autres, d’Alejandro Amenabar (le casting est anglophone mais bon, ne pinaillons pas). Au XXe siècle, une femme vit recluse dans un manoir avec ses deux enfants, qui sont allergiques au soleil. Ils ont pour seule compagnie les servants du manoir, le mari étant parti à la guerre. L’ambiance du film est particulièrement réussie. Le lieu choisi est déjà flippant de base, ajoutez à cela un maximum d’obscurité pour ne pas contaminer les enfants, et beaucoup de bruits bizarres qui font penser à des fantômes, et c’est bon, frissons garantis… Le film tient en haleine jusqu’au bout : restez bien jusqu’à la fin…


LES ZOMBIES

Le style est particulièrement en vogue en ce moment avec The Walking Dead sur nos petits écrans. Mais la popularité de nos amis les zombies est bien plus vieille. Si au départ ils nous viennent de la culture haïtienne, tous les Etats-Unis se sont rapidement emparés du monstre (ah les petits futés) pour le populariser à travers le monde.

   

Zombie (George A. Romero, 1978)
Et celui qui à bien popularisé les zombies, c’est lui, Georges A.Romero. Réalisateur de 7 (on a cru réussir à les compter mais on n’est pas surs !) films sur les zombies, le plus culte et le plus réussi est son deuxième, sobrement intitulé Zombie en français. L’action se déroule aux Etats-Unis où les morts sont revenus à la vie et sont assoiffés de sang et de cerveaux. On suit un groupe de rescapés qui se retrouvent coincés dans un centre commercial. Bon, le film a un peu (beaucoup) vieilli, mais il reste assez jouissif. Si le côté old school du film vous rebute, vous pouvez vous rabattre sur le remake réalisé par Snack Snyder (Watchmen, 300), plus nerveux et actuel.

28 jours plus tard (Danny Boyle, 2002)
Bon ici les puristes vont peut être gueuler: en effet il ne s’agit pas vraiment ici de « zombies », mais d' »infectés »… Clairement la différence est minime – donc tant pis. Après qu’un commando a libéré des singes porteurs d’un virus transformant tout animal en être ultra violent et assoiffé de sang, toute l’Angleterre se retrouve infectée par le virus. Jim sort du coma 28 jours après l’évènement et se retrouve dans un Londres complètement vidé de ses habitants… Alors que le genre connaissait une baisse d’intérêt pour les spectateurs, le réalisateur anglais Danny Boyle a su lui redonner un second souffle : en faisant du leeent et vieuuux zombie un être extrêmement vif et courant après ses victimes (et oui, à partir de maintenant, le zombie court). De plus, le film a été tourné avec une caméra DV (numérique), généralement utilisé pour les documentaires, ce qui renforce le côté réaliste du film. Les images de Londres vide sont glaçantes…

REC (Placo Plaza et Jaume Balaguero, 2007)
Là encore, on a plutôt affaire à des infectés, mais encore une fois : who cares ? Une journaliste espagnole suit un groupe de pompiers appelé en urgence dans un immeuble. Sur place, ils découvrent qu’une grande partie des habitants a été infectée par un virus les rendant ultra violents (très semblable à 28 jours plus tard). Le film est tourné en caméra à l’épaule, style popularisé par Le Projet Blair Witch, ce qui plonge le spectateur directement dans l’action. Le film souffre de quelques défauts, notamment scénaristiques, mais reste toutefois agréable à regarder.


LA COMEDIE HORRIFIQUE

Si vous vous sentez trop peureux en cette soirée d’Halloween, vous pouvez toujours opter pour un film en détournant les codes. Ces films différent des comédies classiques en y ajoutant une touche d’horreur ou plus facilement de gore.

      

Braindead (Peter Jackson, 1992)
Avant de devenir le réalisateur de la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson nous a sorti deux pépites de mauvais goût: Bad Taste et Braindead. Dans ce dernier, un homme lambda doit faire face à une invasion de zombies, à commencer par sa mère surprotectrice. La totalité du film consiste en du grand n’importe quoi : de la copulation de zombies à un massacre avec une tondeuse à gazon… mais c’est très très drole (avec en prime le sosie de Matthew Bellamy dans le rôle principal). En revanche, vous risquez de ne plus pouvoir manger de crème anglaise avant longtemps.

Scream (Wes Craven, 1996)
Scream est loin d’être une véritable comédie et est même souvent considéré comme un slasher classique. Mais contrairement aux héros des séries Halloween, Vendredi 13 ou Les Griffes de la nuit, les personnages de Scream ont déjà vu des slasher… Wes Craven s’amuse à parodier le genre tout en faisant rentrer son film dedans et propose donc un exercice de style particulièrement intéressant.

Le bal des vampires (Roman Polanski, 1967)
Vous connaissez Roman Polanski pour Le Pianiste ou La Neuvième Porte, attendez vous à rencontrer un ovni des années 60, une comédie qui détourne les codes des vampires que vous avez rencontrés auparavant. Que ce soient les vampires, les habitants, le savant et son valet : tous les personnages semblent être des caricatures super caricaturales d’elles-mêmes – mais dans le bon sens puisqu’on rigole… On redore un peu le blason des vampires, qui nous semble tout à coup beaucoup plus sympathique ! Une petite nuit dans un cercueil ?


DIVERS

Cependant certains films font parfois peur sans pour autant être classé dans un genre d’horreur particulier. Quand des événements effrayants surviennent dans un film non dits « d’horreur », l’angoisse n’en est que plus importante. Voici quelques films qui méritaient d’être cités :

L’Echelle de Jacob (Adrian Lyne, 1991)
Jacob Singer est un vétéran de la guerre du Vietnam qui se retrouve confronté à des visions irréelles et angoissantes dans son quotidien. Sans être véritablement un film d’horreur, le film réserve quelques séquences particulièrement effrayantes, grâce à une imagerie et une ambiance très spécifiques, qui ont notamment inspiré l’une des sagas les plus réussies en matière d’horreur dans le monde des jeux vidéos : Silent Hill. Film devenu culte pour les amateurs du genre fantastique, il reste assez peu connu du grand public, mais il vaut véritablement le coup.

Rosemary’s baby (Roman Polanski, 1968)
Comme pour L’Echelle de Jacob, le film prend place dans un lieu assez peu commun dans un film d’épouvante, qui privilégie plus facilement les lieux isolés tels que les manoirs, les hôtels etc. En effet, l’action se déroule à New York, où un jeune couple vient tout juste de s’installer. Très vite, Rosemary ressent une présence maléfique dans leur immeuble. Ici, pas de scène horrifique avec des fantômes, des monstres, des vampires etc. juste la montée de l’angoisse dans cette ville étouffante – La lettre à Elise de Beethoven qui hantant la descente aux enfers du jeune couple.

Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1954)
Au départ ce film ressemble à tout bon vieux thriller français old school : bien ficelé certes, agréable à regarder, mais pas d’une immense originalité. Pourtant petit à petit, il bascule dans le film d’épouvante : et comme cela sort un peu de nul part, l’effet est d’autant plus fort (la personne qui écrit ces lignes a du allumer la lumière à la moitié du film… on sait jamais).
Ce film fout vraiment les chocottes !

 

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